
Skylar
J’ignore ce qui se passe, mais à la seconde où j’entre dans notre appartement et que mes yeux se posent sur les bougies, allumées et presque complètement fondues jusqu’à la base, la seule pensée qui me vient à l’esprit est que Diablo est en train d’essayer de mettre le feu.
Mais bientôt mon pied se pose sur un objet mou, attirant mon regard vers le sol. Des petits tas de fleurs épars jonchent le parquet. Je hume l’air et m’agenouille... Qu’est-ce que c’est que tout ça ?
J’en ramasse une poignée pour l’analyser. Il s’agit d’une fleur blanche, dotée de nombreux pétales. Serait-ce des fleurs de... laurier ?
Bon sang, dois-je y voir un signe quelconque, comme un jeu pervers ?
— Diablo ! m’écrié-je en me relevant rapidement, faisant vaciller la flamme des bougies de façon sinistre.
Je pose mes clés sur le meuble de l’entrée et sors le pistolet que je porte à la taille. Je ne sais pas qui est entré ici ni ce qui se trame, mais je ne laisserai rien arriver à Diablo.
Il y a récemment eu des dissensions dans sa famille, si bien qu’Anthony m’a demandé de garder un œil sur son fils. Le fait que Diablo se retrouve régulièrement dans des situations complexes n’aide pas... Des situations complexes qu’il me faut la plupart du temps canaliser à la maison, à l’aide de ma main, d’un ustensile en bois ou de ma ceinture.
Il aime ça : que je lui en fasse voir de toutes les couleurs, avant de se blottir contre moi tandis que je lui fais passer la douleur.
Je ne suis toutefois pas certain que mes punitions fonctionnent. Il semble simplement en redemander chaque fois plus.
Mais cette drôle de mise en scène, je n’ai aucune idée de ce qu’elle peut signifier. L’un des ennemis de Diablo a-t-il réussi à entrer pour se rire de nous avec une représentation comique du romantisme ?
Jamais Diablo ne se laisserait faire sans résistance. J’ai vu la manière dont il peut démembrer un corps, et ce qu’il sait faire avec une scie.
— Tu es vraiment obligé de toujours brailler comme ça ? grommelle Diablo depuis la cuisine.
Je l’y rejoins et le trouve nu sous son tablier, occupé à remuer une mixture aux effluves nauséabonds dans une casserole. Connaissant ses talents de cuisinier, j’en déduis qu’il a dû acheter un plat déjà préparé, qu’il est simplement en train de réchauffer. Et bon sang, la vision fait se serrer mon cœur et m’apaise aussitôt.
Il n’y a donc aucun ennemi. C’est simplement Diablo, qui... Que fait-il au juste ?
— C’est quoi toutes les bougies dans l’appart ? demandé-je en remettant mon arme dans son étui et en m’appuyant contre le plan de travail pour le regarder travailler.
Je suis incapable de détacher mes yeux de son minuscule fessier, celui dans lequel j’étais ce matin.
J’ai profité qu’il soit encore à moitié endormi pour plonger en lui. Il me prend toujours si bien. Je crois que cela me surprendra toujours.
— Et les fleurs ? C’est du laurier ?
— Ah, oui. J’essaie d’être romantique. Lex m’a dit que ce serait bien. Histoire de te montrer à quel point je ne te déteste pas.
Je hausse les sourcils à sa remarque.
— Et ça ? demandé-je, pointant le doigt vers la casserole fumante.
— J’ai commandé dans un endroit que m’a conseillé Emery. Il a dit que c’était aphrodisiaque. Je ne voulais pas que tu sois forcé de faire semblant d’aimer ce que j’ai préparé. Même si j’adore te voir t’étouffer.
J’éteins le feu et lui prends la cuillère des mains, la portant à mes lèvres pour goûter sa tambouille.
— Hum. Pas mauvais, murmuré-je alors que le goût m’explose en bouche.
Puis la salinité prend le dessus et je grimace.
— J’ai peut-être ajouté trop de sel. Mais, en même temps, personne ne m’a indiqué quelle quantité mettre. C’est juste marqué « une pincée de sel », mais ça dépend de la taille de la main de celui qui cuisine.
Je repose la cuillère et me penche vers lui, l’attrapant par la poche avant de son tablier pour l’attirer contre moi.
— On s’en fout. Qu’est-ce que tu as prévu de faire d’autre pour ta soirée romantique ? Piller une tombe ? Découper un cadavre en putréfaction ? demandé-je en le soulevant dans mes bras.
Il enroule les jambes autour de ma taille, et je n’attends pas pour trouver son cou et lui tirer un sifflement de douleur en enfonçant mes dents dans sa peau.
— Je me suis dit qu’on pourrait se sucer l’un l’autre et ensuite regarder un film. Comme un couple normal.
Je recule légèrement la tête pour le regarder.
— Tu trouves qu’on est normaux, toi et moi ?
— Oui. Complètement normaux.
— Pff, n’importe quoi.
Ses yeux tombent sur mes lèvres, et je presse ma bouche contre la sienne, glissant ma langue à l’intérieur tout en le déposant sur la surface froide du comptoir.
Il grogne lorsque mes doigts lui relèvent son tablier, révélant son sexe dressé, et à nouveau lorsque je m’agenouille et prends son sexe dans ma bouche, faisant courir mes dents sur toute sa longueur tandis qu’il s’enfonce dans ma gorge.
Il est tellement plus petit que moi, et j’adore qu’il tienne si parfaitement dans ma bouche. Être capable de le faire jouir si rapidement. Il m’empoigne les cheveux et presse mon visage contre son corps cambré, faisant agressivement aller ses hanches contre moi jusqu’à ce qu’il explose. Il ne prend même pas la peine de me prévenir mais, après un an passé à ses côtés, j’ai pris l’habitude de lire les signaux qu’il émet. La manière dont sa respiration devient saccadée, dont son bassin perd le rythme.
— Bon sang, Skylar ! C’était censé arriver après qu’on ait mangé, se lamente-t-il. Tu as gâché tous mes plans.
Je me relève en me pinçant les lèvres et essuie la bave qui s’est accumulée sur mon menton.
— Je voulais faire ça d’abord, dis-je, avant de le reposer au sol et de déboutonner mon pantalon. J’ai passé une journée très stressante. On dirait que tu t’es remis à faire des vagues, sans te préoccuper des conséquences.
Diablo lève les yeux au ciel et reporte son attention sur sa casserole. Je le laisse faire, me pressant contre lui pour faire glisser mon sexe nu entre ses fesses.
Il laisse échapper un soupir, et je lui murmure à l’oreille :
— Ton père m’a suggéré de régler ce problème à la maison. Il a dit que peu importe ce que je faisais, ça avait l’air de fonctionner...
— Interdiction de parler travail. C’est une soirée romantique. J’ai prévu des choses.
Je glousse, passant la main à l’avant de son corps pour la refermer sur ses testicules et tirer d’un coup sec, lui arrachant un râle tandis qu’il se cambre contre moi.
— Je pense qu’on devrait revoir tes plans, Diablo. Tu as besoin d’une bonne fessée, et ensuite tu pourrais me sucer comme le bon garçon que tu es.
— Je ne suis pas un bon garçon, lâche-t-il, balançant toutefois le bassin vers l’arrière.
Dans un tiroir, j’attrape une spatule en plastique, que je fais brièvement rebondir sur ses fesses, impatient de voir sa peau se colorer de rouge.
— Combien de coups tu penses mériter ? demandé-je, faisant traîner la pointe de l’ustensile sur ses fesses.
— Aucun. J’ai quand même programmé une soirée romantique... AÏE !
Le premier coup le heurte avec force et retentit dans la pièce. Diablo grogne de douleur lorsque je recommence.
— D’accord : c’est moi qui choisis, dis-je, sans cesser de lui frapper la peau, encore et encore, jusqu’à ce qu’elle se teinte de rouge cerise.
La respiration de Diablo commence à se faire laborieuse, ses cris et ses gémissements désespérés, et lorsque je me débarrasse enfin de la spatule sur le sol, il se retourne et tombe à genoux, m’empoignant le sexe pour lui asséner des coups de langue frénétiques.
— Je suis désolé. Je ferai mieux la prochaine fois, gémit-il.
Je passe la main dans ses cheveux, et tire brutalement sur les mèches afin de m’introduire dans sa gorge.
— Tu es parfait comme tu es.
Il s’étrangle et s’étouffe, mais je ne ralentis pas, allant et venant dans sa gorge jusqu’à me déverser en lui. Le sperme s’échappe de ses lèvres et lui coule sur le menton et la poitrine. Je me débarrasse à la hâte de mon pantalon, le soulève et l’emporte sur le canapé, l’installant sur mes genoux.
— Il faut que tu fasses attention, lui murmuré-je, l’essuyant à l’aide de mon t-shirt avant de l’embrasser tendrement. Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose.
Il se blottit tout contre moi avec un soupir, se tortillant sur mes genoux.
— Je vais essayer. Enfin, du mieux que je peux.
Cette promesse me suffit. Je le laisse fermer les yeux et sombrer dans un bref sommeil, admirant le tableau qu’offrent ses cheveux en bataille et son tablier de guingois. Je laisse mes doigts courir sur la ligne que forme sa clavicule puis, plus haut, sur ses lèvres gonflées.
Je les embrasse tendrement pour le réveiller.
— Pourquoi il y a une odeur de fumée ? demandé-je, et Diablo pousse un grognement.
— J’étais en train de te faire une tarte.
Je ris en le déposant sur le canapé, puis je me dirige vers la cuisine afin d’enlever la plaque fumante du four. Diablo la regarde fixement et hausse les épaules.
— On aurait mieux fait d’aller piller une tombe, marmonne-t-il, et je lui souris, jetant la tarte carbonisée dans la poubelle.
— Oui, on dirait bien, dis-je, avant de désigner la chambre. Je vais finir ce que j’ai commencé, et puis on pourra y aller. Le gardien de nuit a conservé un corps juste pour toi.
Diablo se ragaillardit et se précipite dans la chambre.
— On ferait mieux de se dépêcher alors. Je ne voudrais pas rater ça.
Je pouffe, souffle les bougies, puis lui emboîte le pas dans notre chambre. C’est atypique et étrange, mais c’est comme ça que nous fonctionnons.
Et je ne changerais notre relation pour rien au monde.